REINHOUD, mon sculpteur

Blaise D'Haese

Info

un film de Blaise D'Haese, in co-production with RTBF and VRT-Canvas

Le réalisateur, Blaise D'haese, a perdu son père, le sculpteur flamand Reinhoud, il y a quelques années. Il l'a filmé dans l'intimité des deux dernières années de sa vie alors qu'il était très diminué. A sa disparition, Blaise n'a pas l'impression de si bien l'avoir connu (il est né sur le tard alors que son père avait déjà 54 ans). Il décide de partir à sa recherche.

Peut-on cerner quelqu'un après sa mort? Comment parler de son père, de sa famille et de soi? Et comment représenter une oeuvre d'art dans un film? Telles sont les problématiques du film dont le propos est justement de lier étroitement l'aventure artistique de son père à la vie intime de celui-ci avec la quête du fils sur les pas de son père.

C'est la transmission d'une mémoire de l'art, celle issue du mouvement Cobra auquel le sculpteur Reinhoud a appartenu. Cobra est une des dernières grandes avant gardes de l'aprèsguerre, à la veine expressionniste et primitive. C'est l'occasion d'en rencontrer les derniers protagonistes encore vivants : les peintres Corneille et surtout Pierre Alechinsky, le meilleur ami de Reinhoud, avec lequel il a partagé un atelier pendant plus de dix ans.

C'est aussi une histoire de la Belgique. Le réalisateur s'interroge sur les liens de son père à sa famille et à son pays, la Belgique, qu'il a quitté à 30 ans et dont il ne lui a pour ainsi dire pas parlé. Il découvre une famille flamande et ses secrets.

Le réalisateur présente avec humour une galerie de personnages hors norme, que ce soit les artistes ou les femmes de son père. En parallèle de ces portraits de personnages de chair et de sang, le réalisateur montre les sculptures de métal tel qu'il les voit, comme d'autres personnages à part entière, des compagnons de jeux. Les sculptures sont les frères et soeurs qui ont peuplé la maison de son enfance.

A travers la quête du père disparu, le réalisateur aborde l'art par l'intime. Il offre un témoignage rare de la vie d'un artiste vue de l'intérieur et rend ainsi l'art accessible et humain.

Credits

SCÉNARIO & RÉALISATION BLAISE D'HAESE

AVEC REINHOUD, PIERRE ALESHINSKY, CORNEILLE, E.A
MONTAGE ANAIS ENSCHAIAN

MUSIQUE ORIGINALE LAURENT SAIET

Director

C'est un film sur mon père, le sculpteur Reinhoud, mort le 1 juillet 2007 à l'âge de 79 ans.
Ma vision de lui n'a jamais pu séparer l'homme de son travail puisqu'il y a consacré toute sa vie et mis tout ce qu'il avait et tout ce qu'il était. Ses sculptures ont été pour moi autant de frères et soeurs dans des maisons peuplées de créatures. Mais je ne l'ai cependant connu que les 25 dernières années de sa vie. Peut-on comprendre quelqu'un après sa mort? Quelle vie a t-il mené ? Quelle oeuvre a-t-il laissé ? Que peut-elle bien refléter de sa personnalité ? Comment était-il avec les autres personnes ? Quelles étaient ses relations avec les femmes de sa vie ? J'ai filmé mon père dans l'intimité des deux dernières années de sa vie. Ma volonté a été de partir de ce matériau filmique à la recherche de l'homme qu'il a été et de l'oeuvre qu'il a laissé, de reconstruire le personnage qu'il était et de mieux appréhender son monde. Pour cela je me suis entretenu avec ses proches, sa famille, ses collaborateurs, ses complices; peintres, sculpteurs et écrivains. De façon non linéaire, j'ai juxtaposé à ces interviews des images d'archives télévisuelles, des interviews données par mon père entre 1966 et 2004, ainsi que les films de séances de travail, tournés en 1977 et 1990 pour replacer au centre du film le geste du sculpteur.[...]
C'est aussi une histoire de la Belgique, ou comment un de ses jeunes artiste tout juste reconnu, décide de quitter sa patrie, écoeuré par les querelles communautaires dont souffre son pays, incarné par la figure de son père, politicien flamand. Il coupe les ponts avec les siens et s'installe en France dés 1960. Il n'enseigne pas à ses enfants sa langue maternelle, le flamand. Et pourtant, son oeuvre reste profondément flamande. Il s'inscrit dans une tradition portée par Bruegel, Bosch et James Ensor et témoigne de la richesse et de la puissance de la culture Belge. À sa manière, l'histoire de Reinhoud raconte quelque chose de celle de son pays.
Ce sera l'occasion de transmettre une mémoire, celle de l'expérience d'une vie passée à travers la matière, cet insoumis ayant tourné le dos à la religion et sa famille, ce boiteux de naissance qui prit sa revanche sur la matière en construisant une oeuvre dans le plus rétif des matériaux, le métal, pour parvenir dans la sculpture à un équilibre inégalé.

Awards / Festivals

Awards
Prix découverte Scam (Iselp)
Prix Contemporain Festival International Du Film Métiers D’Art
Prix du Publique Festival International Du Film Métiers D’Art

Festivals Reinhoud


Official selection Journées Internationals du Film sur l’Art (Louvre, Paris, France)
Official selection Festival International Du Film Métiers D’Art (Montpellier, France)
Official selection festival du film sur l'art Iselp (Bruxelles, Belgium)
Official selection Festival du film sur l'art - ARTFIFA (Montréal, Canada)