LA TERRE AMOUREUSE

Manu Bonmariage

Info

un film de Manu Bonmariage, en co-production avec RTBF, avec le support du centre du cinéma de la communauté française de la Belgique et Flanders Audiovisual Fund.

L’agriculture va mal. Les fermes qui ne sont pas rentables sont ap- pelées à disparaître. Le monde agricole, 3% de la population en Occident, doit nourrir le reste du monde. Ce métier se vit surtout en famille, où l’homme et la femme travaillent ensemble. Ils se parta- gent la tâche. La terre est comme la femme quand elle est amou- reuse, elle veut être ensemencée. Comment vivre cette passion de la terre et de la femme en même temps? J’ai voulu la vivre avec qua- tre familles de paysans différents.

Press

Interview with Manu Bonmariage

Le Soir - 8 novembre 2012

Manu Bonmariage nous plonge dans la vie des fermiers

Le réalisateur a suivi le quotidien d'agriculteurs près de Stavelot. Les fermiers y évoquent leur vie, avec ses joies et ses difficultés.

« Je me situe davantage dans l’anthropologie, le côté humain… Je suis intéressé par le rapport immédiat avec les gens. Il y a beaucoup d’humour aussi », déclare le réalisateur Manu Bonmariage. © Iota Production.
Les Thonus, les Lambotte, les Neuville, les Foguenne… Ils respirent la terre, ces noms de famille. Des générations d’agriculteurs, du côté de l’Ardenne liégeoise. Dans la région de Stavelot, pour être précis. Rien n’y aurait changé, s’ils avaient été des producteurs de lait en terre luxembourgeoise, sur les plateaux et dans les vallées de l’Ardenne. La passion y est la même. Les caractères y sont aussi bien trempés. Durant un an, le réalisateur Manu Bonmariage a suivi ces familles. Son approche, caméra à l’épaule, débouche sur un film, intitulé La Terre amoureuse.

Du cinéma direct
Manu Bonmariage s’est plongé dans le quotidien de ces agriculteurs. Un film tourné à la manière de Strip-Tease : « Une forme de cinéma direct », précise-t-il. Cette terre ardennaise, il la connaît bien. « J’allais manger mes tartines avec les fermiers, quand j’étais petit. Même si j’ai fait le tour du monde avec ma caméra, je n’avais jamais regardé de plus près ce pays de mon enfance. Cette intrigue, à 71 ans, me trottait dans la tête. Avant vous aviez des fermes partout, dans les villages. Aujourd’hui, il en reste parfois trois ou quatre… Et puis, les fermes où l’homme, la femme et la famille travaillent encore ensemble sont de moins en moins nombreuses », constate-t-il.

La profession enchaîne les coups durs et les crises, dont celle du lait, qui a récemment marqué les esprits. « Dans le film, j’ai voulu un échantillon de ce qu’était la vie de familles différentes. Un agriculteur se lance, une autre a choisi la voie de la modernisation, un troisième continue à vivre selon un modèle plus familial… », poursuit le réalisateur. Manu Bonmariage n’analyse pas l’impact des crises et la mutation du monde agricole, même si, à travers des témoignages, la perte de maîtrise des fermiers sur leur production se ressent. « Je me situe davantage dans l’anthropologie, le côté humain… Je suis intéressé par le rapport immédiat avec les gens. Il y a beaucoup d’humour aussi. »

Il sort de cette expérience inquiet « pour l’idéal de ces agriculteurs. La plupart ont bien sûr envie de gagner de l’argent, mais ils n’ont pas envie de perdre ce plaisir d’être dans le vivant. La menace de l’industrialisation du lait fragilisera encore leur vie simple. Comment faire, par exemple, dans cette famille qui vient d’acheter une ferme ? Cela prend aux tripes ! ». Manu Bonmariage a trouvé le titre de son film, La Terre amoureuse, avant de l’avoir tourné. « C’est la première fois de ma vie que cela m’arrive. J’avais une tante qui me chantait que la terre est commune une femme. Quand elle est amoureuse, elle veut être ensemencée. Comment vivre alors cette passion, quand la femme ou la terre s’en va ? », s’interroge-t-il. Les Thonus, les Lambotte, les Neuville et les Foguenne apportent leurs réponses, mêlées d’incertitudes, de joies et de défis, au fil des saisons et des septante-deux minutes du film.

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