GHISLAIN LIBART, LE BÛCHERON

Manu Riche

Info

un film de Manu Riche (de la série HOGE BOMEN II) en coproduction avec Canvas et Simple Production, soutenu par Flanders Audiovisual Fund et le centre du cinéma et de l’audiovisuel de la Communauté Française de la Belgique.



Ghislain Libart est un modeste bûcheron qui est devenu un incontournable du marché mondiale de bois en vendant ses bûches jusqu’en Egypte pour la fabrication de meubles « néo-antiques » pour le marché Chinois. Un bûcheron sans façon qui devient le symbole de la mondialisation de l’économie.


Au début, il y a un arbre. Ensuite une forêt pleine d’arbres, des collines couvertes d’arbres, des arbres aussi loin que l’on peut voir, et aucun être humain à détecter. Bienvenue dans le monde de Ghislain Libart, bûcheron.

Le temps est brumeux. Le brouillard couvre la cime des arbres. De profondes traces laissées par un Caterpillar – le tracteur et non la chenille – couvrent le sol. Dans la forêt deux jeunes gens se promènent. Ils tiennent une Skill à la main, une scie qui n’est pas faite pour des douillets. Ils suivent les traces laissées par le Caterpillar. Au loin, résonne le son des moteurs. Mais le silence de la forêt règne lui aussi, tout comme d’ailleurs le bruissement des arbres. Les deux jeunes ne disent pas un mot, l’heure est encore trop matinale. Il paraîtrait que l’un d’eux parle un anglais aux accents néo-zélandais tandis que l’autre jazze le wallon.

Un espace vide, en plein milieu de la forêt. Le Caterpillar jaune caracole comme un insecte d’arbre en arbre. Un Douglas de 30m est abattu en quelques secondes, ébranché et scié en morceaux. Le ronflement de la machine et le fracas des arbres sont assourdissants. Ghislain Libart admire ce remue-ménage d’une distance, impassible et immobile, comme un Buddha dans les bois.

Ghislain se réveille à Shanghai. De sa chambre d’hôtel, il voit le brouillard se dissiper au-dessus du port et de la ville. La journée sera belle peut-être. Il est 5h du matin. Les négociations débutent avec une tasse de thé. Les Chinois hochent la tête et fument l’une cigarette après l’autre. Ghislain n’y comprend rien, mais Miss Liu lui lance de temps à autre un sourire pour le rassurer.

Ce n’est pas que Ghislain doit à tout prix être rassuré. Les centaines de containers remplis des chênes précieux sont arrivés hier. Des containers verts de la Chinese Shipping Company, propriété de Miss Liu, partenaire commerciale de Ghislain. Le client était content. Hier, il nous a invité pour un repas copieux. Le commerce rapproche les gens, n’est ce pas?

L’usine se trouve à 300 km à l’intérieur du pays. Ils veulent nous montrer tout ce qu’il y a à voir : les bureaux flambant neufs, le grand hall de production et les centaines d’ouvriers tout de vert vêtus. La sirène beugle, il est temps pour les Chinois de manger leur petit pot de riz. Nous allons manger copieusement avec la direction. Manger est une chose universelle.

Au Congo. Pour abattre un Wengé, il faut se lever tôt et utiliser beaucoup de scies Skill. Lorsque ce géant de la forêt s’abat finalement, c’est comme si une forteresse s’écroulait. Ghislain a son butin.

Libart roule à travers le paysage ardennais. Dans la station-service traîne une odeur de lard et d’œufs, et de café Rombouts trop léger. Les Chinois nous attendent. Ils ont encore besoin de bois, des tonnes de bois.  Surexcités, ils nous montrent des photos d’arbres sciés.

En Egypte, Ghislain et son partenaire libanais Bassem fument le narghilé. La petite scierie aux abords de la Mer Rouge est peuplée d’enfants. Ils sont tous au travail, ils scient les sapins ardennais. Leurs yeux rient. Le vent chaud du désert souffle.

“J’ai quatre frères marmonne-t-il entre ses dents. La vie est bizarre. Je ne les vois jamais.” Ghislain ne donne pas d’autre explication. Pour lui d’autres explications ne sont d’ailleurs pas nécessaires. Il gare sa voiture sur le parking de l’Hôtel AC, sa demeure le long de l’autoroute de Liège à Luxembourg.

Les deux jeunes gens avec leur Skill arrivent à un conteneur habitable en plein milieu de la forêt. Ils y entrent et referment la porte.

Credits

AVEC GHISLAIN LIBART
SCÉNARIO & RÉALISATION MANU RICHE

CAMERA DIDIER HILL-DERIVE, RENAAT LAMBEETS,
JEAN-FRANÇOIS BOUCHER

INGÉNIEUR DE SON DAN VAN BEVER, LUC CUVEELE
MONTAGE MICHELE HUBINON
MIXAGE YVES DE MEY
CO-PRODUCTEUR DÉLÉGUÉ KATHLEEN DE BÉTHUNE

Press

HUMO - 03/11/2009

Hoge bomen: Ghislain Libart, boomhakker


't Zijn drukke tijden voor wie Manu Riche heet. Nog maar net is zijn
langverwachte film over Tom Barman in première gegaan
('Portrait of a Young Man as an Artist').
Zondagavond kunt u in 'Quai des Belges' op La Deux nog eens kijken
naar zijn documentaire over Bozar-baas Paul Dujardin, en vanavond
laat hij ons kennismaken met  Ghislain Libart, een Ardense boomhakker
die zijn handeltje tot een multinationaal bedrijf uitbouwde. Een
boomhakker? In 'Hoge bomen'?  Canvas | dinsdag 22 u.


MANU RICHE «Ik ben hem op het spoor gekomen via een
handelaar in spaanplaten. De houthandel leek me al een rare
business, en Ghislain Libart was mij helemáál onbekend.
Maar bij onze eerste ontmoeting - in een bos in Duitsland
waar hij douglassparren aan het verkopen was aan Chinezen
- was mijn interesse meteen gewekt.
»Libart komt uit een vrij arme familie uit de buurt van
Houffalize. Op zijn veertiende is hij met zijn vader en broers
als boomhakker begonnen, en tegenwoordig vliegt hij als
een echte avonturier de wereld rond. We hebben hem
gevolgd van begin 2008 tot augustus 2009: in Egypte, in de
Landes, in China... Hij is bijna nooit thuis.»
HUMO Eén ding werd me bij het bekijken van het
portret niet duidelijk: is Libart steenrijk of moddert hij
maar wat aan?
RICHE «Het gaat op en neer. Toen we begonnen te filmen,
had hij twee Mercedessen, op het eind alleen nog maar een
Golfje. Maar eigenlijk raakt hem dat niet. Het gaat hem niet
zozeer om het geld, maar om het ondernemen zelf.
Daardoor was het ook een plezier om hem te volgen. Al mijn
andere films gaan over mensen die constant bezig zijn met
strategie, maar Libart hééft helemaal geen strategie: hij wil
gewoon met dat hout bezig zijn, dag en nacht. Zijn eerste
huwelijk is er zelfs aan kapotgegaan. Nu heeft hij een
vriendin uit Madagascar. Daar is blijkbaar versteend hout te
vinden waar een aardige stuiver aan te verdienen valt, dus
dat wil hij nu ook gaan exporteren.»
HUMO Naar zijn tonnetje te oordelen is Libart een bon
vivant. Aan het eind van de film zie je hem - na een
gedenkwaardige Chinese zakenlunch - zowaar naar
buiten waggelen.
RICHE (lacht) «Hij was stomdronken, ja. Door zo vaak naar
China te gaan, is hij een halve Chinees geworden - we
hebben er zelfs aan gedacht om de titel van het portret te
veranderen in 'De mandarijn'. Voor hem én voor ons heeft
de sake rijkelijk gevloeid. En zoals hij zelf zegt: 'Ik zeg nooit
nee.'»
HUMO Net als de Chinezen!

Director

MANU RICHE

Born in 1964


Filmography


For the magazine Strip Tease RTBF.


Conversations: 1989 – 13’ 16 mm. Two ladie in a Brussels café, the first takes the tram 26, the other the 81...

La pêche: 1990 – 13’in 16 mm. The story of a showroom and the car seller who dreams of fishing salmon in Scotland…

Les aventures de la famille De Becker: 1991 – 15’ in 16 mm. The story of a Brussels corridor wherein lives a ‘happy family’...

Etat fort civil: 1992 – 15’in 16 mm. The story of the civil servants in the city administration of Brussels.

Documentaries:

The Flemish cultural landscape in seven episodes: (RTBF) 1992 – 52’ in 16 mm. The landscape trough portraits of Flemisch artists Wim Vandekeybus, Frie Leysen, Paul Goosens, Paul Bottelberghs, Freddy…

Anvers93: (RTBF/FR3/WDR) 1993 – 40’ in 16 mm. A cultural city ?

De Misantroop: (KVS/VRT) 1994 – 52 ‘in Beta digi. A television essay

Brussels 25 Novembre: 1996 (VRT) – 52’ super 8/betacam. Thes tory of a faits divers.

The Black Star: (NPS/VRT/RTBF/Vlaams filmfonds) 1998 – 52’ super 16.  The story of a Nigerian football player in Belgium.

Welcome to my world: 2000 (VPRO/RTBF/Vlaams filmfonds) – 80’ in super 16.  The story of a king–coach of a small cycling team.

Baudouin I/ Boudewijn I: 2001 (FR3/RTBF) – 52’ in Beta Digi.
The story of King Baudouin as told by himself.

L’Homme qui n’était pas Maigret: 2002/3 (France2-TSR-RTBF) – 50’ in betadigi/16mm. The invention of the author G.Simenon.

The Politician: 2005 Canvas/ VAF ,52’ in HD: The rise and fall of the sociaist leader in Flanders.

The President: 2005 Canvas/VAF, 52’  in HD: A portrait of the president of footballclub Brussels.

The Salesman: 2006 Canvas/ VAF  in HD: A portrait of a big boss in Antwerp ports business.

Ghislain Libart, Bûcheron: 52’: in HD (VAF, VRTcanvas, Comm.française, Simple Production)

Paul Dujardin, the long march: 76’ en 56’ in HD (VAF, RTBF, ARTE Belgique, VRT canvas)

Portrait of a young man as an artist: (VAF/Riche/filmnatie) in co-direction with Renaat Lambeets (camera)
a portrait of Tom Barman, frontman of the popular band Deus.